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Enola

 
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Alkazhar


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MessagePosté le: Mar 7 Oct - 14:03 (2014)    Sujet du message: Enola Répondre en citant










I
De boue et de peinture.


http://www.infinitelooper.com/?v=HykiSTg8w84&p=n MUSIQUE D'AMBIANCE 







La tendre douceur des premiers matins d’été lui évoquait de vive souvenir, dont elle avait du mal à se défaire ; l’arbre qui abritait leur cabane, derrière la colline du village ; ses premiers baisés et découverte charnelle, jeu incessant et obsessionnel enfantin ; la fourmilière qu’ils avaient détruit ; la course pour rentrer dans les chaumières familiale quant le cloché sonnait plus de cinq fois. Ces souvenirs, aussi chaleureux que douloureux.


Une fois, le cloché sonna. Ce jour-ci, il y avait dans l’air cette étrange tension électrique, avec un arrière gout de fer blanc, qui précède un orage violent. Les rumeurs étaient fortes et nombreuse, une peur grandissait chez les adultes que les enfants avaient du mal à comprendre. Un coup de tonnerre déchira l’inquiétant rythme des cloches qui ne s'était toujours pas arrêté. Une odeur de feu et de viandes grillés. Des bruits sourds et des fracas de métaux. Des cavalcades et des hurlements de terreur. Elle avait couru ce jour la, aussi vite que possible.


Enola reprit le travail, quittant ses engouffrants souvenirs. Elle était chiffonnières dans la ville d’Eyckoban. Une de ces villes commerçante, infestée d’être aussi répugnant que dangereux. Eyckoban était construite au milieu d’une plaine, près d’un grand fleuve paisible qui multipliait les méandres sur des kilomètres. Les habitations, essentiellement en bois, étaient disposé d’une telle manière qu’un véritable dédale de ruelles serpentaient entre les quartes axes commerciaux, qui eux, divisaient la ville en quart. Maudit par un taux de criminalité anormalement élevé, la cité restait la plus grande place commercial du royaume, ou l’on pouvait trouver les choses les plus interdites, comme les plus banales. Certains évoquaient aussi la présence d’un marché fantôme dans les sous-sols, ce qui n’en étonnait pas d’autres quant de la fumée rouge, verte, puant l’opium, et les herbes aux vertus psychédélique, s’échappaient des bouches d’égout.


La jeune chiffonnières était blonde, aux yeux vert émeraude et au visage fréquemment taché de boue. Elle était généralement habillée d’une tunique marron et d’un pantalon beige, visiblement trop petit, et ne portait pas de chaussure. Elle ne risquait pas grand-chose dans cette ville ; on ne touchait jamais aux chiffonniers et au rammasseur de boue, considéré souvent comme les porteurs des maladies les plus graves. Cette caste était connue sous le nom des Intouchables, ce qui arrangea terriblement Enola. En effet, l'odeur de merde qu'elle dégageait s'avérait être en réalité l'une des meilleurs défenses contres les aggressions en tout genre. Puis la crasse et la boue rendait difficile pour l'alcoolique libidineux de remarquer la beauté irréaliste de la jeune fille.




Elle vivait chez une bonne femme un peu mystique, Jorisse, qui l’avait ramassé à moitié morte sur une berge du fleuve. La vieille s’était dit qu’elle allait la remettre sur pieds pour la faire travailler, et c’est ce qui se passa. Enola était privée de tout et lui donnait la grande partie de son salaire mais cela ne la dérangeait en aucun cas. Avoir un toit et de quoi manger lui suffisait, c'était tellement facile pour elle d'accepter cette condition qu'elle fût même surprise d'apprécier, voir aimer, la besogne et l'ouvrage.


Parcourant une ruelle en quête de détritus, Enola fut interpellée par un étrange paquet, légèrement plus propre que les autres. Elle jeta un rapide coup d’œil et vit un nécessaire de peinture quasi intacte ainsi qu’une dizaine de toile enroulées. Elle embrasserait volontiers l’idiot qui avait jeté le paquet mais l’idée lui passa, immédiatement remplacé par divers projets de peintures jaillissant instinctivement.


Les jours passèrent et tout les soirs, Enola dessinait, esquissait, colorait. Elle avait un coup de pinceau évident, la main adroite, le sens du contraste, le trait fin et quand les toiles manquaient ; de vieux chiffons et où même les murs de sa minuscule chambre servaient de support. Les jours passèrent et la vie s’écoulait de la même manière que le fleuve d’Eyckoban : Très lent, très calme, et toujours dans des mauvaises odeurs.
La vieille Jorisse avait très bien accepté les toiles et les pots de peintures qui s'entassaient dans le taudis. Elle était persuadé qu'un jours les gens payeraient chère pour ses tableaux et elle avait raison. Rapidement, Enola vendit trois tableaux1 à des nobles qui étaient en réalité plus amusée de faire un tour dans la merde qu'acheter de l'art.


Cet argent permit à Jorisse et Enola d'agrandir leurs petite bicoque avec une pièce supplémentaire, d'améliorer leur four, acheter de nouvelle casseroles, poiles, tambouilles et même d'installer une structure assez grosse en fonte qu'on appel baignoire. Enola continuait à peindre et vendit une nouvelle toile2. Jorris s'était acheté une nouvelle robe et s'absentait mystérieusement les soires, elle était souvent de bonne humeur, souriante et Enola avait du mal à comprendre pourquoi même si la femme répondait que c'était simplement l'argent qui la rendait comme ça. La jeune peintre n'y croyait pas et pensait qu'il y avait bien autre chose. Mais ce n'était pas important, elle restait seul enfermée dans la maison à prendre des bains et peindre des toiles.


La rencontre avec Bréchiosse bouleversa la vie d'Enola. L'homme que voyait Jorisse depuis plusieurs mois avait enfin décidé de rendre visite à cette dernière chez elle. Enola se tenait à présent devant lui, un homme de deux mètres de haut, hirsute, terriblement trapu et musclé. Il accepta très vite Enola et peux de temps ensuite les deux femmes emménagèrent chez lui. Il habitait dans un quartier modeste, dans une maison sans prétention mais spacieuse. Il était garde dans la ville et il gagnait visiblement bien sa vie. Il avait même proposé à Enola de rentrer à l’université à la fin de l'été mais cette dernière avait poliment refuser, désireuse de faire uniquement de la peinture dans sa chambre. La jeune femme sortait peu et passait le plus clair de son temps devant ses toiles. Bréchiosse lui offrait souvent des nouveaux pinceaux, des pots de peintures, des toiles et il passait de longue soirée à l'observer peindre. Jorisse n'avait pas l'air d'apprécier ses moments de peinture mais Enola n'avait rien remarqué, complètement plongé dans son travail.


Un soir Bréchiosse toqua à la porte de la jeune fille. Enola lui ouvrit sans problème et elle vit le garde rentrer, hésitant, dans sa chambre. Il marchait comme un gosse qui vient de découvrir que l'amour existe. Il prit son chapeau entre ses mains et se mit à genoux puis d'une voix tremblotante et terriblement touchante il demanda à la jeune fille si elle avait du temps pour lui faire un tableau, son propre tableau, rien que pour lui. Oh bien sur il la payerai mais ce qu'il voulait c'était un tableau bien précis, il voulait un portrait. Et à ses mots la jeune fille lui sourira comme jamais tant c'était drôle et touchant de voir une pareil montagne lui demander aussi timidement un tableau, et mais aussi tant elle était si heureuse de pouvoir peindre son premier portrait. Enola se mit immédiatement à peindre, et Bréchiosse prit la pose sur un siège. Il se tenait droit, il était si fière Enola n'en revenait pas ; faut dire que c'était son premier portrait et elle n'avait jamais osé demander auparavant à qui que ce soit de le peindre. Ils passèrent la nuit ainsi, Bréchiosse immobile, Enola souriante niaisement. Pour une fois Jorisse n'était contre cette peinture, elle avait même insisté pour voir le résultat final en même temps que Bréchiosse.


http://www.infinitelooper.com/?v=aL5lnAQ2b68&p=n MUSIQUE D'AMBIANCE





Après une longue nuit blanche, en fin de journée, Enola s'arrêta net de peindre. Elle pencha la tête et dans un sourire béa elle annonça que le tableau était finit. Bréchiosse hurla de joie et appela Jorisse qui arriva dans la pièce en trombe et s'assit à côté du garde. Lentement Enola tourna le tableau et le couple découvrit une œuvre magnifique, d'une beauté rare. Le portrait du garde dégageait une telle émotion, si belle, si pure que Jorisse se mit à applaudir, les larmes aux yeux. Mais Bréchiosse eu une réaction singulièrement différente. Il se leva d'un bond, s'approcha du tableau pour le saisir à deux main et le porter au niveau de son visage, puis il murmura à voix basse : « Voyez ce que je suis vraiment. ». Il lâcha ensuite le tableau et se mit à genoux devant la jeune peintre en lui prenant délicatement les mains. Il murmura de nouveau : « Merci Enola, tu as un don. ». Il se leva lentement, ému, et se dirigea vers Jorisse qui était assise et qui le regardait avec de grand yeux brillants d'amour. Il tendit la main comme pour lui caresser la joue mais il l'étrangla subitement et la souleva de sa chaise pour la plaquer fermement au sol en esquissant un léger rire satisfait. Enola réalisa ce qui ce passait seulement quand elle entendit la mâchoire de Jorisse craquer en quelques morceaux suite à un coup directe. Enola voulut fuir mais il se leva et la rattrapa si rapidement qu'elle n’eut même pas le temps d'atteindre la porte. Avec une force terrible, Bréchiosse l’arracha du sol et la fit voler un moment dans la pièce. La jeune fille s'écrasa dans ses étalages de peintures et de pinceaux, le garde se précipita sur elle et la redressa en lui soulevant délicatement la tête. Certaines couleurs avaient coulés sur le visage d'Enola ce qui avait eu pour effet de la rendre encore plus belle qu'avant. « Pardon ma petite, mais j'ai besoin de toi. J'ai besoin d'un témoin, regarde qui je suis vraiment, regarde ton talent. ». Il se redressa et marcha lentement vers Jorisse qui était inconsciente sur le sol. Il pissa un long moment sur la gueule de la bonne femme qui se réveilla dans un gémissement horrible, oui elle avait visiblement perdu l'usage de sa bouche. Enola lâcha un sanglot et se mit à pleurer à chaude larme, réalisant l'horreur de la situation. Quand il eut finit, il viola Jorisse une grande partie de la nuit. Il entamait des sortes de rituelles improvisés, il pleurait, rigolait, dansait. Enola n'eut absolument rien a pars la lourde tâche d'observer ses atrocités. Vers la fin de la nuit Bréchiosse mit brutalement fin à ses jours en se coupant les veines sans un mot. La jeune fille resta pantoise de longues heures durant, ne réalisant pas ce qu'elle venait de voir. Au bout d'un temps elle s'approcha de Jorisse et s'aperçut qu'elle était miraculeusement en vie. Elle avait la tête tournée vers Enola et l’œil droit - qui n'était pas gonflé comme le gauche – et qui la regardait fixement. Elle s’aperçut aussi qu'elle était entrain de murmurer des phrases dans un dialecte visiblement gitan, et qu'elle tenait aussi fermement un médaillon. La poigne était d'ailleurs si forte que le médaillon s'était enfoncé dans la chair de sa main. Enola s'approcha d'elle pour mieux entendre lorsque soudain, Jorisse l'attrapa par le bras et lui dit à l'oreille « Je suis désolé ma jeune fille, mais tu dois être punis, tu possède un don qui n'existe qu'en enfer ». Jorisse resta là, murmurant de nouveau sur le seuil de la mort, imperturbable, puis vers midi elle lâcha prise sur la vie, déversant sa pisse et sa merde sur le sol. Enola – qui s'était endormit sur elle – se redressa subitement et regarda tout autour de la pièce. De profondes et de lourdes angoisses s’installèrent au fond de son estomac alors que sa nuque se resserrait lentement, lui coupant presque la respiration. Elle tenta de quitter la maison mais une violente faiblesse la fit chavirer en arrière. La pièce se mit à tourner lentement sur elle même, brisant les repères spatiales habituelles. Une étranger chaleur lointaine au senteur de souffre monta dans la pièce. Enola se cramponna au sol et hurla alors qu'elle voyait Bréchiosse se relever, entouré d'ombres et de flammes dansantes avec grâces. Sentant la folie charger en elle, la jeune femme courut et se lança violemment à travers une fenêtre. Elle reprit conscience peu après dans une ruelle calme, ombreuse d'une fin de journée d'hiver.




Elle avait vomit plusieurs fois avant de perdre de nouveau connaissance, épuisée et blessée par la chute dans la ruelle qui était à présent caressée par la neige tombante. Au petit matin elle se réveilla en proie à de violente convulsion. Elle était quasiment enneigé et n'avait que sur elle un chandail et un vieux pantalon de peinture. Le froid la pénétrait de toutes parts comme des lames de glaces redoutablement aiguisées. Elle sentit lentement deux mains, douces et passionnées, lui parcourir le corps et la tirer légèrement en arrière. Trop épuisée pour réagir elle se laissa faire et puis cette étrange véhémence n'était pas si désagréable. La jeune peintre était à présent adosser contre le mur d'un renfoncement dans la ruelle. Un petit feu avait été installé là et plusieurs couverture avait glissé sur Enola sans qu'elle s'aperçoivent de quoi que ce soit. Elle avait maintenant la ferme impression d'être enlacé dans les bras de quelqu'un et elle aurait juré que le feu murmurait calmement. Elle s'endormit au rythme d'une respiration chaude et régulière sur sa nuque.


Au petit matin il n'y avait plus rien. Ni feu, ni couverture, mais Enola n'avait plus froid. Elle découvrit avec une stupeur innommable que le cadavre de Bréchiosse se tenait devant elle, posé à même le sol dans la ruelle. Totalement inanimé, le visage du mort était incliné dans sa direction et un sourire démentielle tracé à même la chair, de part et d'autre des deux oreilles. Alors qu'elle avançait dans la direction du garde pour vérifier qu'il était bien mort, le visage d'Enola se décomposa subitement ; ses joues se creusèrent ; son teint vira dans des ton de couleurs sombres et inquiétante ; ses yeux écarquillement lâchant deux fines larmes frêles. Bréchiosse s'était avancé vers elle en même temps, ses yeux s'étaient d'un coup allumés d'une vive lueur jaune orangée et en une voix puissante et caverneuse il lui prononça ses mots « Tu vis car je le désire. Maintenant je vais te plonger dans la folie et je voudrais que tu me remercie pour cela. ». Enola bava à moiter, sa bouche se mit à trembler alors qu'elle ne put détourner la tête envoûtée par le regard nimbé de feu et de flamme de son interlocuteur. La seul chose dont elle était certaine c'est que ce n'était plus Bréchiosse devant elle mais bien autre chose. Elle tenta de parler mais un elle se mit à bégayer en lâchant en moussant un filer de bave. Voyant cela, il se leva brutalement et d'un bond plaqua Enola contre le mur en lui hurlant « Remercie moi sale pute. ». La respiration d'Enola était saccadée, irrégulière, son cœur battait si rapidement qu'il pouvait lâcher à tout instant, mais ce qui avait surpris le plus la jeune fille c'est qu'elle s'était mise à lubrifier en même qu'elle lui dit « Vas te faire foutre. ». Elle vit le poing de Bréchiosse s'abattre sur son visage, puis le noir.


1 Ici les tableaux vendus : « L'arc et la Pierre », « Le passage des mouettes », « Fleuve et soir ».

2 « Première nuit mouvante ».
_________________
"Je ne tue pas avec mon arme
Car celui qui les tue avec son arme a oublié le visage de ses pères
Je tue avec mon coeur.
Et que je les tue tous, pour l'amour de Roland,
que je les tue tous."


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MessagePosté le: Mar 7 Oct - 14:03 (2014)    Sujet du message: Publicité

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